Le bras de fer entre les acteurs du cordon douanier et les sociétés de consignation franchit un palier décisif au Port Autonome de Cotonou. À travers une sommation officielle datée du 7 septembre 2026, l’Association des Jeunes Déclarants et Mandataires en Douane du Bénin (AJDMDB) exige l’arrêt immédiat des frais illégaux appliqués sur les véhicules en transit et réclame l’application stricte de l’arrêté interministériel N° 028 de juillet 2017.
Enregistrée sous le numéro 3422 à la Direction Générale des Douanes, cette lettre transmise aux directeurs généraux des sociétés de consignation dresse un réquisitoire sévère contre les surcoûts injustifiés qui alourdissent la facture des usagers portuaires. Signé par le président de l’association, Marouf Salami, le document pointe du doigt la persistance de prélèvements abusifs effectués en violation directe des textes réglementaires de la République.
Parmi les dérives financières dénoncées figurent notamment les frais dits « SYDONIA » facturés à 1 000 FCFA, la redevance de sûreté ISPS prélevée entre 4 000 et 6 000 FCFA, ainsi que des surcoûts de groupage et de dégroupage atteignant jusqu’à 42 500 FCFA par véhicule. Pour l’AJDMDB, la poursuite de ces pratiques malgré une séance d’arbitrage convoquée par la Direction des Douanes (après des alertes soumises au Bureau d’Analyse et d’Investigation (BAI) et aux ministères tutélaires) traduit un refus délibéré de se conformer à la législation nationale.
Qualifiant cette insoumission de “mépris inacceptable envers les autorités de la République”, le bureau de l’AJDMDB réaffirme sa détermination à assainir la plateforme portuaire. L’organisation menace d’user de tous les moyens légaux et administratifs à sa disposition pour contraindre les contrevenants à l’alignement immédiat des grilles tarifaires sur les barèmes légaux, afin de préserver la compétitivité du corridor béninois.