Contact

Cotonou,
Bénin

Cotonou Bénin.

Comme annoncé, il y a quelques jours, le coup d’envoi officiel du 8e Congrès de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) des Ordres des Experts-Comptables et Comptables Agréés, à été effectivement donné mercredi 21 octobre 2026 Cotonou. Ce rendez-vous majeur se tient avec plus de 350 professionnels du chiffre, décideurs publics et hauts dirigeants d’institutions internationales issus de 15 pays.

« L’Expert-Comptable, garant de la transparence et de la souveraineté financière dans l’espace UEMOA ». C’est autour de ce thème stratégique que se déroule cette rencontre importante des Experts-Comptables et Comptables Agréés de l’UEMOA, organisée par l’Ordre des Experts-Comptables et Comptables Agréés du Bénin (OECCA-Bénin).

La cérémonie solennelle d’ouverture, rehaussée par la présence du ministre de l’Économie et des Finances, Aristide Medenou, et du président de la Fédération Internationale des Comptables (IFAC), Jean Bouquot, a également marqué le franchissement d’un cap symbolique : il s’agit de la célébration des 20 ans d’existence de l’Ordre des Experts-Comptables et Comptables Agréés du Bénin (OECCA-Bénin).

À lire aussi : 8e Congrès des Experts-Comptables de l’UEMOA : Cotonou accueille l’événement et célèbre les 20 ans de l’OECCA-Bénin la semaine prochaine

Prenant la parole devant le congrès, le président du Conseil de l’OECCA-Bénin, Serge Mensah, a recouru aux traditions commerciales africaines pour expliciter la valeur fondamentale de la profession comptable face aux profondes mutations technologiques et sociétales.

« Sur nos marchés, de Dantokpa à Treichville, de Sandaga à Rood Woko, bien des affaires se concluent encore sur une parole. Une parole donnée, une parole tenue. Au fond, un chiffre attesté par un expert-comptable, c’est aussi une parole donnée : au banquier qui prête, à l’investisseur qui s’engage, au citoyen qui contribue, au partenaire qui finance. Et notre métier est de contribuer à garantir que cette parole est tenue », a d’abord fait savoir le premier responsable de l’OECCA-Bénin.

Face aux risques d’érosion des ressources publiques, à l’émergence des exigences de durabilité (ESG) et à la montée en puissance de l’intelligence artificielle, Serge Mensah a rappelé l’insubstituable primauté du jugement humain et de l’éthique professionnelle.

« Les machines produiront des chiffres plus vite que nous. Mais une machine ne donne pas sa parole, n’engage pas sa signature et ne répond pas de ses actes. Voilà pourquoi l’Expert-Comptable n’est pas seulement un professionnel des chiffres : il est un professionnel de la confiance… Chaque compte fiable que nous attestons est une pierre posée sur l’édifice de notre souveraineté financière », a ajouté Serge Mensah avant de profiter de l’occasion de ce 20e anniversaire de l’organisation, pour rendre un hommage solennel aux pionniers de la profession au Bénin, notamment au président d’honneur Christian Migan, premier président de l’OECCA-Bénin, ainsi que tous ceux qui ont joué un rôle important dans la formation des jeunes générations.

L’impact mesurable de la certification sur la gouvernance publique au Bénin

Dans son mot d’ouverture officielle des travaux au nom du gouvernement béninois, le ministre de l’Économie et des Finances, Aristide Medenou, a apporté un témoignage concret sur le rôle moteur de l’expertise comptable dans la redressement des finances publiques et de la gestion des entreprises d’État.

« La première ressource dont un pays a besoin pour se transformer, ce ne sont ni ses richesses naturelles, ni même ses hommes et ses talents : c’est la qualité de sa gouvernance… Au Bénin, depuis un peu plus d’une décennie, la contribution des experts-comptables à la transformation de notre pays a été déterminante. Aujourd’hui, aucun état financier n’est approuvé en Conseil des ministres sans une certification sans réserve des commissaires aux comptes », a laissé entendre l’argentier national.

Donnant des illustrations de ce saut qualitatif, le ministre Aristide Medenou a révélé que la rigueur de la certification et des audits a permis d’inverser la courbe financière des entreprises publiques. Autrefois déficitaires et dépendantes de subventions, les sociétés et offices publics du Bénin ont affiché à fin décembre 2025 un excédent global de 292 milliards de francs CFA. Ces marges dégagées permettent désormais d’amplifier le financement direct des services sociaux essentiels comme l’eau, l’éducation et la santé.

S’adressant à l’ensemble des congressistes de la sous-région, le ministre de l’Économie et des Finances leur a rappelé le socle éthique de la profession. « Votre signature est précieuse, votre compétence a de la valeur, mais votre éthique, elle, n’a pas de prix. Préservez-la, car c’est sur elle que repose la confiance que nos États, nos entreprises et nos citoyens placent en vous », a-t-il conclu.

À noter que durant trois jours à Cotonou, les délégués des 15 pays vont approfondir les recommandations stratégiques en matière de gouvernance, d’audit, de transparence fiscale et de souveraineté économique au sein de l’espace UEMOA.

Share:

administrator

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *