Face aux besoins croissants de financement des économies africaines, la finance islamique pourrait ouvrir de nouvelles perspectives dans les zones CEMAC et UEMOA. Dans une tribune consacrée à cette question, Armel Saint Silvère Dongou, ingénieur financier, expert en finances publiques et marchés financiers, écrivain et essayiste congolais, analyse le rôle potentiel des sukuk.
Le propos d’Armel Saint-Silvère Dongou met en regard les usages possibles et les conditions réglementaires, institutionnelles et de gouvernance des sukuk, nécessaire pour en faire un levier complémentaire de souveraineté financière et de transformation économique structurelle.
Des sukuk pour élargir les capacités de financement
Dans les économies de la CEMAC et de l’UEMOA, la recherche de nouvelles sources de financement s’inscrit dans un contexte de besoins croissants. La finance islamique pourrait apporter une réponse complémentaire en diversifiant les instruments disponibles et en ouvrant de nouvelles perspectives pour le financement du développement.
Au cœur de cette réflexion figurent les sukuk. Ces instruments pourraient contribuer au financement des infrastructures en orientant des ressources vers des projets nécessaires à la transformation économique. Leur intérêt potentiel réside ainsi dans leur capacité à compléter les mécanismes déjà mobilisés pour répondre aux besoins de développement, sans être présentés comme une solution unique.
Leur champ d’application ne se limiterait pas aux grands projets. Les sukuk pourraient également soutenir les entreprises en élargissant les possibilités de financement qui leur sont accessibles. En diversifiant les instruments financiers, ils pourraient enfin participer au renforcement de l’inclusion financière, autre enjeu mis en avant dans l’analyse de Dr Armel Saint Silvère Dongou.
Un potentiel qui dépend d’un cadre solide
Le développement de la finance islamique ne repose toutefois pas uniquement sur la disponibilité de nouveaux instruments. Dans son analyse, l’expert met en lumière les défis réglementaires, institutionnels et de gouvernance qui devront être relevés pour permettre à ce secteur de prendre pleinement sa place dans les économies concernées.
Ces conditions sont déterminantes pour donner un cadre cohérent à la mobilisation des financements, accompagner le soutien aux entreprises et inscrire les projets d’infrastructures dans une stratégie de transformation économique. Elles sont également nécessaires pour que l’objectif d’inclusion financière puisse dépasser le stade des perspectives et s’intégrer durablement aux politiques de développement.
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L’enjeu est donc à la fois financier et institutionnel. Il s’agit de créer les conditions permettant à la finance islamique de compléter les dispositifs existants, tout en répondant aux exigences de gouvernance et de solidité nécessaires à son déploiement dans les deux espaces régionaux.
Deux Unions monétaires appelées à rapprocher leurs efforts
Pour Dr Armel Saint Silvère Dongou, l’essor de la finance islamique passe aussi par une coopération accrue entre la CEMAC et l’UEMOA. Le rapprochement entre les deux Unions monétaires pourrait contribuer à mieux inscrire ces instruments dans une réflexion régionale sur le financement des infrastructures, l’accompagnement des entreprises et l’inclusion financière.
Cette coopération ne constitue pas une fin en soi. Elle prend son sens si elle accompagne la construction de cadres réglementaires et institutionnels adaptés et si elle s’appuie sur une gouvernance suffisamment solide. C’est à cette condition que les sukuk et les autres instruments de la finance islamique pourront être mobilisés comme des outils complémentaires au service du développement.
Un levier complémentaire de souveraineté financière
La finance islamique apparaît ainsi comme une piste stratégique pour la CEMAC et l’UEMOA, non comme un substitut aux mécanismes existants. Son potentiel dépendra de la capacité des deux espaces à relever les défis réglementaires, institutionnels et de gouvernance, tout en renforçant leur coopération. Réunies, ces conditions pourraient faire des sukuk un levier complémentaire de souveraineté financière, de soutien aux entreprises, de financement des infrastructures et de transformation économique structurelle.