Créée en 1955 pour rapprocher l’enseignement des jeunes filles de Bacongo, l’école de l’Amitié s’apprête à franchir une nouvelle étape avec sa transformation en complexe scolaire moderne. Retracé par Bernard Batantou, administrateur-maire de Bacongo, le parcours de l’établissement témoigne d’une histoire locale marquée par plusieurs changements de nom et par la solidarité du Congo envers les peuples africains engagés dans les luttes de libération.
Portée par la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), à travers sa Fondation, la modernisation du site entend préserver cet héritage tout en préparant l’avenir de l’éducation dans le quartier.
Une école née d’une revendication locale
Le complexe scolaire de l’Amitié trouve son origine dans une revendication portée, au milieu des années 1950, par des cadres de Bacongo.
Créée en 1955, l’école devait permettre aux jeunes filles du quartier d’accéder à l’instruction sans avoir à se rendre à Poto-Poto, notamment à l’école ménagère, pour poursuivre leur scolarité. À cette époque, l’ouverture d’un établissement à Bacongo répondait à une nécessité concrète : rapprocher l’offre éducative des familles et faciliter l’accès des filles à l’enseignement.
Dans son témoignage, Bernard Batantou rappelle cette dimension historique et exprime sa gratitude au président de la République, Denis Sassou-N’Guesso, pour l’attention accordée au secteur éducatif et à l’arrondissement de Bacongo.
Cette reconnaissance accompagne la transformation d’un établissement dont l’histoire demeure étroitement liée à celle du quartier et à l’engagement de ses habitants en faveur de l’éducation.
De l’école des filles à l’école de Tahiti
Au fil des années, l’établissement a connu plusieurs appellations, qui témoignent de son évolution et de la place qu’il occupait dans la vie locale.
D’abord connu sous le nom d’ancienne école des filles, il a ensuite été associé à l’appellation d’« école de Tahiti ». Cette dénomination faisait référence à un bar-dancing situé à proximité du marché Total.
L’établissement a finalement pris le nom d’école de l’Amitié. Selon Bernard Batantou, cette nouvelle appellation s’explique par l’importance et l’envergure acquises par l’école, dont la portée dépassait désormais le seul cadre de la scolarisation des filles de Bacongo.
Ces changements de nom ont accompagné le passage progressif d’une école de quartier à un établissement appelé à devenir un complexe scolaire moderne. Ils n’effacent toutefois pas les différentes étapes qui ont contribué à forger l’identité du site.
Un nom associé à la mémoire panafricaine
L’appellation « école de l’Amitié » renvoie également à une dimension historique et politique plus large. Elle rappelle la solidarité manifestée par le Congo envers les peuples africains engagés dans les luttes de libération et dans la conquête de leur souveraineté nationale.
Le témoignage évoque notamment l’Angola, devenu indépendant en 1975, ainsi que l’engagement associé au président Marien Ngouabi et au gouvernement congolais. Cette période est présentée comme l’une des expressions de la solidarité du Congo avec les mouvements et les peuples africains en lutte pour leur liberté.
D’autres repères sont également cités, parmi lesquels l’Algérie, la Guinée-Bissau, la Guinée équatoriale et la Namibie. La libération de Nelson Mandela figure elle aussi parmi les événements associés à cette mémoire de solidarité entre les peuples africains.
Le récit fait par ailleurs référence aux liens idéologiques et aux relations de coopération entretenus avec certains pays socialistes, notamment la Chine. Ces éléments contribuent à éclairer le sens donné au nom de l’établissement et la place de l’histoire continentale dans la mémoire collective de l’école.
La SNPC au cœur de la modernisation
La transformation de l’ancien établissement des filles en complexe scolaire moderne s’inscrit dans une continuité historique. Selon le témoignage de l’administrateur-maire de Bacongo, la SNPC, par l’intermédiaire de sa Fondation, s’est vu confier un rôle dans la modernisation du site.
Cette initiative établit un lien entre la préservation d’une mémoire locale et la volonté de proposer un cadre scolaire adapté aux besoins actuels. Elle vise également à préparer l’avenir de l’éducation à Bacongo en mettant à la disposition des élèves et du personnel un environnement conforme aux exigences pédagogiques contemporaines.
La modernisation du complexe scolaire donne ainsi une nouvelle actualité à l’histoire de l’établissement. Elle prolonge l’héritage d’une école née d’une revendication locale, marquée par plusieurs appellations et associée à une histoire de solidarité panafricaine.
Une nouvelle étape dans l’histoire de l’établissement
La mise en service de cet établissement scolaire constituera une nouvelle étape dans l’histoire de l’école de l’Amitié. Elle permettra de rappeler le chemin parcouru depuis la création de l’école des filles, en 1955, et de mettre en lumière le rôle confié à la SNPC, à travers sa Fondation, dans la modernisation de l’établissement.
Au-delà de l’inauguration d’une infrastructure, l’événement mettra en valeur la continuité entre le passé et l’avenir. L’école de l’Amitié conserve la mémoire de ses origines tout en se tournant vers les enjeux actuels de l’éducation, notamment l’amélioration des conditions d’apprentissage et la formation des générations futures.
Un patrimoine éducatif à préserver
À Bacongo, l’ancien établissement des filles conserve une histoire faite de proximité scolaire, de changements de nom et de mémoire panafricaine.
De l’école créée pour rapprocher l’instruction des jeunes filles de leur quartier au complexe scolaire moderne, le site témoigne des transformations de la société congolaise et de l’évolution de ses ambitions éducatives.
Le complexe scolaire de l’Amitié entend ainsi prolonger cet héritage en associant la reconnaissance des engagements passés, la solidarité entre les peuples africains et la volonté d’offrir à la jeunesse un avenir éducatif renouvelé.
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