À l’approche de l’élection à la présidence de la Fédération congolaise de football, Clesh Atipo Ngapi, vice-président de la liste conduite par Éric Mantot, rejette les contestations visant l’éligibilité de plusieurs colistiers. Il accuse les responsables de l’ancien comité exécutif de chercher à détourner le débat électoral et appelle les candidats à présenter leurs bilans, leurs projets et leur vision pour relancer le football congolais.
Pour Clesh Atipo Ngapi, la contestation actuelle autour de la liste d’Éric Mantot s’inscrit dans le déroulement normal d’un processus électoral. Il rappelle qu’une liste peut d’abord être publiée à titre provisoire, faire l’objet de recours, puis être validée dans sa composition définitive.
« D’autant plus qu’on va à une élection, l’élection commence par une liste provisoire. Si la liste est invalidée, vous faites un recours et, après le recours, elle est validée. C’est dans la liste définitive que vous allez aux urnes », explique-t-il.
Le vice-président de la liste Mantot estime que les contestations formulées contre certains de ses membres ne devraient pas empêcher la tenue du scrutin. Il appelle plutôt les différentes listes à se confronter sur leurs programmes et leurs résultats.
Des critiques contre les anciens dirigeants
Dans son intervention, Clesh Atipo Ngapi met directement en cause plusieurs anciens responsables de la FECOFOOT. Selon lui, certains membres du camp adverse auraient participé au comité exécutif sortant pendant plusieurs années et chercheraient aujourd’hui à remettre en cause le processus électoral.
« Ils sont au moins sept à avoir appartenu au comité exécutif durant huit ans et se permettent aujourd’hui de vouloir boycotter les élections », affirme-t-il.
Le responsable de la liste Mantot considère que ces anciens dirigeants devraient davantage répondre de leur bilan que s’attarder sur les conditions d’éligibilité de leurs adversaires. Il cite notamment l’interruption du championnat de première division parmi les difficultés auxquelles le football congolais a été confronté.
« Nous ne nous sommes pas attardés sur leur bilan. C’est du passé. Nous allons essayer de faire mieux pour l’avenir », déclare-t-il, avant d’appeler les responsables de l’ancienne équipe dirigeante à assumer leurs responsabilités.
Ces accusations relèvent toutefois de la position de la liste Éric Mantot et nécessiteraient, pour être établies, des éléments documentés ainsi que la réponse des personnes mises en cause.
La polémique autour de l’utilisation du logo de la FECOFOOT
Emma Clesh Atipo Ngapi dénonce également l’utilisation des en-têtes et du logo de la Fédération dans un document présenté comme un acte de contestation électorale.
« Rien que le fait d’avoir scanné le logo de la Fédération, c’est déjà un acte que l’on ne peut pas tolérer », soutient-il.
Il estime qu’un tel usage pourrait constituer une irrégularité et réclame que les responsabilités soient établies. Là encore, la nature exacte du document, son origine et les conditions dans lesquelles il a été diffusé devront être vérifiées par les instances compétentes.
Emma Clesh Atipo Ngapi défend son expérience à la tête de l’AS Colombe
Répondant aux arguments qui contesteraient son éligibilité, Clesh Atipo Ngapi met en avant son parcours à la tête de l’AS Colombe. Il affirme diriger le club depuis 2022 et rappelle les résultats obtenus au cours des dernières saisons. Selon lui, l’AS Colombe a remporté une première coupe en 2023, avant de devenir championne du Congo en 2024 et de conserver son titre les saisons suivantes.
Il évoque également la participation du club à deux éditions de l’UNIFAC, au cours desquelles l’AS Colombe aurait représenté le Congo.
« Est-ce que, de 2022 à 2026, il ne saurait pas y avoir trois ans ? Si l’on fait bien les calculs, il y a plus de trois ans », plaide-t-il.
Cette défense répond à une objection portant, selon lui, sur la durée minimale d’exercice des fonctions requise pour être éligible. Le responsable de la liste Mantot estime donc que la contestation repose sur une interprétation contestable des textes.
La trajectoire sportive d’Éric Mantot mise en avant
Clesh Atipo Ngapi défend également le parcours d’Éric Mantot dans le football congolais. Il rappelle que le candidat est un ancien footballeur international congolais et qu’il a dirigé la Jeunesse sportive Bougainvilliers, connue sous le sigle JSB.
Il cite notamment un déplacement de cette équipe à Brazzaville, au cours duquel elle aurait affronté et battu les Diables Noirs. À cette période, Éric Mantot occupait, selon lui, la fonction de président du club, tandis que Ngapi en était le vice-président à Brazzaville.
Le candidat à la présidence de la FECOFOOT aurait ensuite poursuivi son engagement dans la gestion du CARA.
Clesh Atipo Ngapi le présente comme l’administrateur du club à une période où celui-ci ne disposait pas de président-directeur général.
« CARA est une équipe de football dont personne ne peut nier l’existence », affirme-t-il, pour répondre à ceux qui minimiseraient l’expérience de Mantot dans la gestion sportive.
Un appel à sortir des attaques personnelles
Le vice-président de la liste Mantot regrette que la campagne électorale se concentre sur les personnes plutôt que sur les programmes. Il invite les candidats à présenter clairement leurs propositions aux électeurs et à laisser les délégués arbitrer sur la base des projets.
« Nous allons aux élections. Que chacun se positionne avec son plan d’action, avec son projet. À partir de son projet, chacun pourra éventuellement convaincre », insiste-t-il.
Il rejette notamment les attaques visant la fonction politique qu’il exerce comme vice-maire de Brazzaville. Pour lui, l’engagement dans le football ne doit pas être remis en cause en raison des responsabilités occupées dans la vie publique.
« Le football congolais est à son plus bas niveau »
Clesh Atipo Ngapi dresse un constat sévère de la situation actuelle du football national. Il estime que le football congolais a atteint un niveau particulièrement préoccupant et attribue cette situation à une gouvernance qu’il juge défaillante.
« Ce qui nous concerne aujourd’hui, c’est que le football congolais est à son plus bas niveau », déclare-t-il.
La liste Éric Mantot entend, selon lui, inverser cette tendance grâce à une nouvelle méthode de gestion. Cette approche devrait reposer sur une gouvernance renouvelée, une meilleure organisation des compétitions et une relance des structures de formation.
Le candidat et son équipe ont déjà présenté leurs sept engagements, que Clesh Atipo Ngapi décrit comme les fondements d’une nouvelle politique fédérale.
Une élection présentée comme un choix de gouvernance
À quelques jours du scrutin, la liste Mantot veut donc transformer la campagne en débat sur l’avenir de la FECOFOOT. Emma Clesh Atipo Ngapi assure que son équipe ne souhaite pas s’enfermer dans la polémique, mais défendre un projet de reconstruction du football congolais.
« Il faut apporter une bonne ordonnance et une nouvelle façon de gérer et de diriger. Cette façon de gérer et de diriger, c’est une nouvelle gouvernance », conclut-il.
La commission électorale devra désormais trancher définitivement les éventuelles contestations liées aux listes candidates. Les électeurs, eux, devront départager les différents projets lors de l’Assemblée générale élective.
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