Le transport aérien en Afrique doit cesser d’être un privilège pour devenir un moteur de croissance. Dans le cadre de la Convention et exposition du transport aérien 2026, qui se déploie à Lomé du 15 au 19 juin sous l’égide de la Commission africaine de l’Aviation Civile (CAFAC), un panel crucial s’est penché sur l’épineux dossier des taxes et redevances aéronautiques. Romain Ekoto, Directeur Régional de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) pour l’Afrique Centrale et de l’Ouest, y a délivré un plaidoyer pour une refonte globale des coûts du secteur.
Basé à Dakar, Romain Ekoto a d’emblée rappelé la position de l’OACI en s’appuyant sur les lignes directrices internationales. Selon lui, la fixation des taxes doit impérativement reposer sur quatre piliers non négociables. Il s’agit de la transparence, l’équité, l’alignement strict sur les coûts réels et la concertation permanente avec toutes les parties prenantes.
« L’objectif ultime est de trouver un équilibre parfait entre les besoins financiers des exploitants et le pouvoir d’achat des passagers afin de démocratiser l’accès au ciel », a-t-il martelé.
Au-delà des taxes : l’urgence d’une approche holistique
Tout en saluant l’initiative hautement encourageante de la CEDEAO, qui vient d’acter une réduction de 25 % des taxes aéroportuaires, Romain Ekoto prévient qu’il faut maintenant s’assurer que cette baisse se répercute directement sur le prix du billet d’avion payé par le citoyen.
Toutefois, l’expert nuance : les taxes ne sont pas le seul frein. Le financement lourd des flottes, les coûts de formation et la masse salariale pèsent de tout leur poids. Pour l’OACI, seule une approche systémique permettra d’optimiser durablement l’ensemble de ces facteurs.
Rompre avec le mythe du transport de luxe
Pour Romain Ekoto, le véritable défi africain est avant tout politique et idéologique. Il exhorte les gouvernements du continent à changer de paradigme : le transport aérien n’est pas un produit de luxe pour privilégiés, mais un outil de souveraineté et un accélérateur de commerce, de tourisme et d’investissements.
En respectant pleinement leurs engagements de libéralisation et en connectant efficacement les capitales, les États africains permettront enfin à l’aviation de tenir ses promesses de croissance inclusive.
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