Au Bénin, la 4e édition du Forum International du Cadre de Vie (FIC 2026) a été officiellement lancée jeudi 8 octobre 2026 à Cotonou et se poursuit jusqu’au samedi 10. Réunis autour de la thématique centrale « Économie des territoires africains : accélérer la transition vers la sobriété carbone », experts, décideurs et chefs d’entreprise ont croisé leurs analyses sur le délicat arbitrage entre urgence climatique et souveraineté économique.
Intervenant lors d’un panel très suivi ayant pour sous-thème « Afrique : faut-il sortir des énergies fossiles avant d’avoir achevé notre industrialisation ? », André Zékpa, Directeur Général de la Compagnie Inter Africaine de Distribution (CIADIS), a livré une analyse ancrée dans le réalisme économique. Pour le patron de la CIADIS, l’industrialisation du continent africain ne saurait se résumer à un simple mimetisme des modèles occidentaux ou asiatiques, mais devrait répondre à une nécessité sociale.
« L’industrialisation apporte quelque chose à nos économies. L’économie crée une chaîne de valeur qui crée des emplois et qui, au final, donne de la dignité aux hommes et aux femmes qui vivent dans les territoires. Donc, de ce point de vue, on a besoin de s’industrialiser », a-t-il fait savoir.
Alors que les promesses des énergies renouvelables occupent une place centrale dans les sommets internationaux, André Zékpa rappelle la limite actuelle des infrastructures vertes face aux besoins continus des usines et des réseaux de distribution. Les énergies renouvelables ne disposent pas encore de la capacité d’intermittence nécessaire pour supporter l’intégralité de la charge industrielle africaine.
Face à cette contrainte technique, le patron de CIADIS préconise une transition progressive fondée sur le mix énergétique. Une orientation appuyée par les données de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), qui démontrent que l’Afrique dispose d’une marge d’utilisation significative des énergies fossiles à faible empreinte carbone, au premier rang desquelles figure le gaz naturel.
« Aujourd’hui, les énergies renouvelables dont on vante les mérites à bon escient n’ont pas encore la capacité de suivre les besoins des industries. Donc, on recommande un mix entre les renouvelables lorsque c’est pertinent, lorsque c’est moins cher, et ensuite, les énergies fossiles. Le moins cher ou le moins polluant des énergies fossiles aujourd’hui, c’est le gaz. En Afrique, on peut encore utiliser largement le gaz pour développer nos économies », a préconisé le DG CIADIS.
Du débat théorique à l’action terrain : l’exemple concret du concept « Kfé Choco »
Pour illustrer ce défi énergétique à l’échelle des Petites et Moyennes Entreprises (PME), André Zékpa a partagé l’expérience concrète de CIADIS dans le secteur de la restauration. La compagnie a récemment déployé à Cotonou le concept novateur « Kfé Choco », une solution de restauration mobile aménagée sur remorques terrasses dotées de rooftops panoramiques.
Si l’innovation commerciale séduit les consommateurs, elle est confrontée sur le terrain à un défi technique permanent. Il s’agit du maintien ininterrompu de la chaîne du froid tout au long de la journée. Pour dépasser la dépendance exclusive aux groupes électrogènes fonctionnant au diesel, lourds en émissions et en coûts opérationnels, CIADIS met en pratique ce mix énergétique à son échelle.
« Nous évoluons vers un système solaire. Donc, le solaire va couvrir une partie de nos besoins dans la journée et les générateurs vont faire le complément. À ce titre, disons que nous sommes déjà à cette petite échelle-là sur un mix énergétique », a-t-il laissé entendre.
En conciliant impératifs environnementaux et rentabilité économique, la position défendue par André Zékpa au FIC 2026 trace une voie assez claire pour l’Afrique : une transition énergétique raisonnée, où la sobriété carbone accompagne la croissance industrielle sans en étouffer l’élan créateur d’emplois.
Cotonou a accueilli les 21 et 22 octobre 2026 le Forum d’investissement des Zones Économiques…
La salle de conseil de BOA-Bénin a servi de cadre, jeudi 1er octobre 2026 à…
Comme annoncé, il y a quelques jours, le coup d'envoi officiel du 8e Congrès de…
Reconduit en octobre 2025 à la direction générale de la Société nationale des pétroles du…
Une impulsion majeure vient d'être donnée à l'infrastructure documentaire et universitaire du Bénin. L'ONG Bénin…
À la tête de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), Maixent Raoul Ominga…