La troisième édition du Dialogue intergénérationnel décentralisé (DID), organisée par Génération auto entrepreneur (GAE-LE PATRIARCHE), se tiendra en novembre à Dolisie. Cet événement s’annonce comme un moment clé pour discuter de la transformation économique du Congo, de l’insertion professionnelle des jeunes et de la nécessité d’un débat national sur une éventuelle révision constitutionnelle.
Lors d’un échange avec la presse, ce vendredi 16 octobre 2026, à Brazzaville, le coordonnateur général de cette plate-forme, Digne Elvis Tsalissan Okombi, a souligné l’importance de dépasser le simple constat pour adopter des réformes adaptées aux mutations actuelles. Avec un monde en constante évolution marqué par l’instabilité des marchés, la recomposition des alliances internationales et l’accélération de la transformation numérique, le Congo doit anticiper plutôt que subir ces changements.
Diversification de l’Économie
Digne Elvis Tsalissan Okombi a mis en avant trois priorités : diversifier l’économie, offrir davantage de perspectives à la jeunesse et adapter les institutions aux réalités contemporaines. Le modèle économique congolais ne peut plus reposer uniquement sur les revenus pétroliers. La dépendance aux fluctuations du prix du baril est une vulnérabilité qui nécessite de repenser les mécanismes de création de richesses.
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GAE-LE PATRIARCHE propose de transformer localement les ressources nationales, telles que le manioc, les fruits, le bois et l’huile de palme, avec pour ambition de développer des activités industrielles et artisanales génératrices d’emplois et de valeur ajoutée. « Chaque produit exporté brut, c’est un emploi que nous offrons à un autre pays », a souligné Digne Elvis Tsalissan Okombi, en faveur d’une économie davantage tournée vers la production et la transformation locales.
Donner aux jeunes les moyens d’agir
L’insertion économique des jeunes constitue le deuxième axe de cette démarche. Pour le coordonnateur général, la jeunesse congolaise ne réclame pas la charité, mais des possibilités concrètes de construire son avenir.
La réponse passerait par une formation professionnelle mieux adaptée aux besoins du marché du travail, un accès simplifié au crédit pour les jeunes entrepreneurs et la mise en place d’un statut d’auto-entrepreneur accessible, protecteur et peu coûteux. Ces mesures doivent permettre aux jeunes de passer de la recherche d’un emploi à la création d’activités génératrices de revenus.
Cette dynamique pourrait renforcer l’autonomie des familles et contribuer au développement des communautés. Elle place l’emploi, la qualification et l’entrepreneuriat au cœur des réponses aux attentes d’une jeunesse nombreuse, connectée et désireuse de participer pleinement à la transformation du pays.
Un débat national sur l’évolution des institutions
Le troisième axe porte sur les institutions. Le responsable de GAE-LE PATRIARCHE estime qu’aucune réforme économique ou sociale ne peut s’inscrire durablement sans un cadre institutionnel capable d’évoluer avec les réalités du pays.
Dans cette perspective, il appelle à l’ouverture d’un débat national, serein et inclusif, sur l’opportunité d’une révision de la Constitution. Il précise que cette démarche ne consiste pas à imposer d’emblée des changements, mais à permettre à toutes les composantes de la société de s’exprimer dans un esprit de responsabilité et de respect mutuel.
Cette réflexion devrait alimenter les échanges de la prochaine édition du Dialogue intergénérationnel. Pour l’organisation, l’enjeu consiste à concilier la préservation des acquis avec l’adaptation aux exigences nouvelles.
Le Dialogue Intergénérationnel Décentralisé attendu en novembre à Dolisie
C’est dans cette perspective que la troisième édition du Dialogue intergénérationnel décentralisé se tiendra en novembre à Dolisie, ville présentée par les organisateurs comme la capitale de l’or vert.
Placée sous le thème « Face aux mutations actuelles, quelles réformes pour le Congo de demain ? », la rencontre entend réunir différentes catégories d’acteurs autour des défis économiques, sociaux et institutionnels du pays.
Intellectuels, organisations politiques, acteurs de la société civile, étudiants et jeunes sont notamment invités à prendre part aux échanges. La GAE-LE PATRIARCHE ambitionne de faire de ce rendez-vous un espace de concertation et de confrontation des idées, au-delà des clivages et des sensibilités.
Préserver l’héritage et préparer l’avenir
Au terme de son intervention, le coordonnateur général a défendu une approche fondée sur la continuité et l’adaptation. Il ne s’agit pas, selon lui, de rompre avec tout ce qui a été construit par les générations précédentes, mais de préserver cet héritage tout en le faisant évoluer.
Le Congo de demain, a-t-il rappelé, ne pourra se construire sans la participation des entrepreneurs, des agriculteurs, des fonctionnaires, des femmes, des jeunes et de la diaspora.
À travers cette troisième édition du Dialogue intergénérationnel, la GAE-LE PATRIARCHE entend contribuer à la réflexion collective sur les réformes susceptibles d’accompagner le Congo face aux mutations contemporaines.
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