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Cotonou,
Bénin

Cotonou Bénin.

La place Idi d’Agori, à Abomey-Calavi, a servi de cadre vendredi 20 mars 2026 à la grande prière de l’Aïd El-Fitr. Marquant la fin du mois sacré de Ramadan, cette célébration a été l’occasion pour l’imam El-Hadj Moutawakil Boukari Malik de délivrer un message puissant axé sur la reconnaissance des acquis nationaux, l’unité des fils du Bénin et les défis de la transition de 2026.

Devant une assemblée de fidèles recueillis, l’imam de la mosquée Médine II d’Agori a placé cette fin de jeûne sous le signe de la “double bénédiction”. Pour lui, la piété observée durant 30 jours doit désormais se transformer en un moteur de cohésion nationale à l’approche des échéances électorales.

Dans son sermon, l’imam Moutawakil n’a pas manqué de saluer le bilan du chef de l’État actuel. Adoptant une posture de “juste milieu”, il a invité les fidèles à reconnaître les transformations visibles du pays depuis 2016.

« On doit le féliciter. Le Président Patrice Talon a réalisé beaucoup de travaux dans le pays. Nous prions pour que Dieu lui donne santé et longévité afin qu’il remette le pouvoir dans la paix et la fraternité », a déclaré l’officiant.

L’imam a toutefois insisté sur l’importance de la continuité et du conseil. Selon lui, le futur président ne devra pas “casser” les acquis, mais s’appuyer sur l’expérience de Patrice Talon et de ses prédécesseurs pour mener le Bénin encore plus loin.

Vers une élection présidentielle de 2026 sous le signe du pardon

À quelques jours du lancement de la campagne électorale prévue pour le 27 mars, les appels à la décrispation politique ont été nombreux. Abdel Aziz Akambi, porte-parole de la communauté musulmane d’Abomey-Calavi, a souligné que l’imam a invité le futur successeur de Patrice Talon à faire de la réconciliation une priorité.

« Il a rappelé l’importance de ne pas oublier les jeunes, qui représentent 60 % de la population, et a invité le futur élu à travailler à la libération de ceux qui se retrouveraient en difficulté pour des raisons politiques, afin de bâtir ensemble un Bénin prospère », a-t-il précisé.

La piété au-delà du Ramadan : un engagement citoyen

Pour l’ancien ministre, professeur Séibou Toléba Soumanou, fidèle musulman présent à la place Idi, ces 30 jours d’abstinence ont été un exercice de rapprochement avec Allah, mais aussi avec les concitoyens. Il a tenu à remercier les frères chrétiens et les autres confessions pour leur soutien spirituel durant ce mois.

« Si nous pouvons garder cette confiance en Dieu et ce comportement vertueux pour les 11 mois à venir, le Bénin en sortira grandi », a-t-il affirmé, priant pour que la compétition électorale reste une “fête” et non un terrain d’affrontements.

L’imam a conclu en appelant au respect des autorités et de l’ordre établi, tout en rappelant que la dévotion à Dieu reste la boussole suprême du fidèle.

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