Le 19 juin 2026, l’école Gustave-Flaubert de Moungali-La Base, à Brazzaville, en République du Congo, a connu une fin d’année scolaire pour le moins mouvementée. Cette école, anciennement connue sous le nom de Maurice Onanga, a été le théâtre d’une effervescence inattendue à l’occasion de la clôture des cours.
Les élèves ont célébré la fin de l’année avec un événement qu’ils ont baptisé « Festi Couleur ». Cette manifestation spontanée, non encadrée, prend de l’ampleur au sein de plusieurs établissements scolaires, au moment de la clôture de l’année. Le principe est simple : les écoliers, à la clôture des évaluations de fin d’année scolaire, sur le chemin de retour, se badigeonnent de peinture à eau ou de créole les uns et les autres.
Le « Festi Couleur » n’est pas un événement officiel, mais il est devenu un rituel apprécié des élèves, leur permettant de s’exprimer artistiquement tout en célébrant l’amitié et la fin de l’année scolaire. Cependant, cet engouement n’est pas sans causer quelques remous.
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Un incident qui dégénère
Lors de cette manifestation, la peinture a accidentellement taché la Toyota RAV4 du pasteur Satis Tempé MYNYNGOU, du Ministère Evangélisation Jubilé (MEJ), de Moungali-La Base, à Brazzaville, stationnée à proximité de l’école, car il en est voisin. Bien que le dommage soit réel et nécessite une réparation, la manière dont cela a été géré suscite des questions.
D’après plusieurs témoignages, le pasteur a confisqué les sacs des élèves et les a remis au surveillant de l’établissement, stipulant qu’ils ne seraient rendus qu’une fois son véhicule nettoyé. Certains élèves, notamment de la classe de 6ème, ont été contraints de laver la voiture méticuleusement, y compris les pneus, avec un seau d’eau et des chiffons.
Une réaction controversée
Insatisfait du résultat, le pasteur aurait appelé la police. Une patrouille s’est rapidement rendue sur place, poursuivant les adolescents dans les ruelles. Certains élèves ont réussi à s’échapper, tandis que d’autres, persuadés de leur innocence, ont, volontairement accepté de monter à bord du véhicule de la police, afin de repartir à l’école.
Emmenés devant leur établissement, ils auraient été allongés au sol et frappés avec des matraques, le nombre de coups variant selon la quantité de peinture sur leurs vêtements.
Réflexion sur les pratiques éducatives
Cet incident soulève des questions importantes sur l’intervention policière auprès de mineurs. Qui veille à leur état de santé ? Qui ne s’assure qu’aucun d’eux n’est atteint d’épilepsie, d’asthme, de problèmes cardiaques ou d’autres conditions pouvant aggraver les conséquences d’une telle intervention ?
Quelques jours après la célébration de la journée de l’enfant africain, cet épisode pousse à la réflexion. Les enfants doivent certes apprendre à respecter les biens d’autrui et à assumer leurs actions. Cependant, les adultes, surtout ceux avec une autorité morale ou spirituelle, ont le devoir d’éduquer sans humiliation ni peur.
Un pasteur, souvent perçu comme un guide et un éducateur, doit être un artisan de paix. Lorsque la sanction semble primer sur la pédagogie, c’est toute la société qui doit se questionner : quel exemple souhaitons-nous laisser à nos enfants ? Les actions des adultes doivent servir de modèle pour une éducation basée sur la compréhension et le respect mutuel.