Le ciel africain doit devenir le moteur de son intégration économique. Réunis à Lomé depuis le lundi 15 juin 2026 pour la première édition de la Convention et exposition du transport aérien organisée par la Commission africaine de l’avion civile (CAFAC), les décideurs du continent planchent sur le thème : “promouvoir le développement d’un transport aérien accessible, connecté, abordable et durable en Afrique”. Présent aux débats ce mercredi 17 juin, Kossi S. Nanika, Président de la Fédération des Entreprises du Tourisme et de l’Hôtellerie du Togo (FETH – Togo), a dressé un bilan liant transport, tourisme et sécurité territoriale.
Pour le leader du tourisme togolais, le diagnostic du forum Biashara de la ZLECAf était clair, le transport aérien reste le principal goulot d’étranglement du développement endogène.
« Quand vous suivez les panélistes, ils sont conscients qu’en Afrique, on n’a que 20% d’aéroports qui sont compétitifs, ce qui suppose que 80% ne sont pas compétitifs. Alors qu’on parle d’investissement. Comment voulez-vous qu’on investisse quand on n’est pas sûr du retour d’investissement ? », s’est interrogé Kossi S. Nanika.
Le prix du billet : le verrou de la ZLECAf
Le président de FETH – Togo pointe du doigt l’incohérence entre les ambitions de libre échange et la réalité du marché. « Vous allez constater que les billets d’avion sont élevés en Afrique. Et tout le monde reconnaît qu’en Afrique, nous n’avons pas les moyens nécessaires pour acheter des billets et voyager comme on veut, aller faire librement le commerce. Alors qu’on parle de zones de libre échange continentale. Si vous ne pouvez pas aller et revenir parce que les billets sont excessivement coûteux, je crois que vous ne pouvez pas arriver à relever le défi de la zone de libre échange continental », a-t-il laissé entendre.
Pour y remédier, la Fédération mène un plaidoyer offensif auprès des gouvernements pour supprimer les taxes et redevances aéroportuaires qui gonflent artificiellement les prix. Cet engagement s’est déjà traduit par la contribution de la Fédération aux travaux du Parlement de la CEDEAO, débouchant sur un acte additionnel visant à faire baisser le coût du transport aérien en Afrique de l’Ouest. Toute chose qui constitue pour le président Kossi S. Nanika, une victoire majeure à saluer.
Le tourisme communautaire comme arme anti-terroriste
Au-delà de l’économie, Kossi S. Nanika introduit une idée forte. Il s’agira d’utiliser le tourisme communautaire comme bouclier sécuritaire contre l’extrémisme. Face à l’insécurité qui paralyse la mobilité, il exhorte à transcender les frontières coloniales artificielles.
En favorisant les flux touristiques entre des peuples partageant une même histoire, les communautés redécouvrent leur fraternité.
« Dans nos activités à la fédération, nous avons prévu d’animer le tourisme communautaire en prenant les communautés de part et d’autre des frontières vers les autres pour qu’elles puissent comprendre que ce sont leurs parents qui sont de l’autre côté des frontières. Et quand le terroriste va vouloir monter une communauté contre une autre, il échouera, car personne n’acceptera d’attaquer ses propres frères », a-t-il martelé.
Une vision magistrale où l’aviation et le tourisme deviennent des vecteurs de paix et de cohésion sociale.