Invité du quatrième numéro de « Café Coulisses » ce vendredi 24 juillet 2026 à Cotonou, le Secrétaire général de la COSI-Bénin, Codjo Hinlin, s’est livré à une analyse de l’actualité sociale. Au cœur des échanges, le déblocage historique de l’avancement à l’échelon 12 des agents de l’État, acté en Conseil des ministres le 1er juillet dernier. Tout en saluant une victoire syndicale majeure, le leader réclame un calendrier clair et déplore l’exclusion des travailleurs du Conseil économique et social (CES).
Revenant sur les origines de ce blocage, Codjo Hinlin a rappelé que la réforme du Statut général de la fonction publique de 2017 qui étendait la carrière de 12 à 15 échelons, avait engendré un flou juridique paralysant. Faute de décret d’application, des milliers de fonctionnaires stagnaient à l’échelon 11 depuis près d’une décennie.
« Il ne s’agit aucunement d’un cadeau du gouvernement, mais de la restitution stricte de droits confisqués. La décision prise sous l’impulsion du ministre Romuald Wadagni vient enfin réparer un préjudice qui pesait lourdement sur le moral des troupes », a fait savoir le Secrétaire général.
Rappels de salaire, retraites revalorisées et griefs sur le CES
Sur le plan financier, la mesure apporte un souffle nouveau pour deux catégories d’acteurs :
- Les agents en activité : ils bénéficieront d’un ajustement de leur traitement indiciaire assorti de rappels de salaire.
- Les retraités : ceux partis à la retraite durant cette période d’incertitude verront leur pension recalculée à la hausse, avec effet rétroactif.
Toutefois, Codjo Hinlin tempère l’enthousiasme général. « L’intention est louable, mais sans échéancier précis pour le paiement effectif des rappels, l’inquiétude demeure. Les partenaires sociaux doivent être rapidement associés pour fixer des modalités soutenables et transparentes », a-t-il laissé entendre.
Au-delà de la question salariale, la figure syndicale a profité de cette tribune pour dénoncer l’absence regrettable des centrales syndicales au sein de la nouvelle mouture du CES. Qualifiant cette mise à l’écart « d’anomalie démocratique », Codjo Hinlin a exhorté le pouvoir exécutif à rétablir les représentations des travailleurs au cœur des instances consultatives pour garantir un dialogue social authentique et apaisé.