La transformation du marché informel des carburants franchit un nouveau cap au Bénin. Invité ce vendredi 7 août au 5e numéro de « Café Coulisses », axée sur la métamorphose du secteur des produits pétroliers de contrebande, Henri Comlan Assogba, président de l’Association des importateurs, revendeurs et transporteurs de produits pétroliers du Bénin (3APP), a dressé un bilan pragmatique des réformes en cours.
« De l’informel au formel : comment réussir la transformation totale du secteur des produits pétroliers de contrebande et en faire un véritable moteur de développement du Bénin ? ». Tel est le thème autour duquel Henri Comlan Assogba, président de l’Association des importateurs, revendeurs et transporteurs de produits pétroliers du Bénin (3APP), s’est exprimé. En effet, loin des idées reçues sur la fixation des tarifs du carburant frelaté, l’acteur économique a clarifié le rôle régulateur joué par les acteurs du terrain aux côtés de l’État.
« Depuis les réformes du président Talon, nous qui exerçons dans le secteur, nous nous portons bien. L’association que je préside se porte également bien. Nous avons créé cette association pour mettre de l’ordre dans le secteur. L’État ne nous oblige pas à fixer un prix du carburant “kpayo”. C’est nous-mêmes, au niveau de l’association, qui fixons les prix, parce que nous ne voulons pas créer une concurrence déloyale envers les stations-service », a laissé entendre le président de 3APP.
Une transition sécurisée vers l’équité fiscale et l’inclusion
Si les revendeurs s’acquittent des formalités douanières sans encore intégrer un régime fiscal direct, l’introduction des mini-stations sécurisées constitue le levier central de cette modernisation. Déployées gratuitement par zone, ces infrastructures visent à éliminer les risques d’incendie tout en intégrant un mécanisme contributif où 25 FCFA par bouteille sont reversés à l’État.
Pour Henri Comlan Assogba, la réussite ultime de ce chantier dépendra de sa capacité à inclure l’ensemble des acteurs, jusqu’au plus vulnérable. « Je demande à l’État de faire tout son possible pour que le dernier vendeur puisse bénéficier d’une mini-station », a-t-il conclu.