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Cotonou,
Bénin

Cotonou Bénin.

Le bénin a célébrée en différé la Journée Mondiale de l’Aide Humanitaire (JMAH), jeudi 6 novembre 2025 Cotonou. Il s’agit d’un événement qui a réuni l’ensemble des acteurs de l’aide humanitaire au Bénin, incluant la Croix-Rouge, les sapeurs-pompiers et diverses ONG. A cette occasion, Abdel Aziz Bio Djibril, Contrôleur général de police et Directeur général de l’Agence Béninoise de Protection Civile (ABPC), a dans entretien accordé aux médias, mis en lumière la structure qu’il dirige et les actions menées pour assurer une protection efficace aux populations béninoises.

Brève présentation de l’Agence Béninoise de Protection Civile (ABPC)

Interrogé sur les missions de son institution, le Contrôleur général a précisé : « l’Agence est composée d’agents de protection civile et de sapeurs-pompiers formés pour la prévention, la prévision et la gestion des risques et catastrophes. Nous gérons des catastrophes de tout type, qu’elles soient d’origine anthropique (humaine) ou d’origine naturelle ».

Les Catastrophes Fréquentes au Bénin

Concernant les risques majeurs auxquels fait face le Bénin, Abdel Aziz Bio Djibril a dressé un tableau précis. « Au Bénin, plusieurs types de catastrophes peuvent survenir. Les plus fréquents sont les inondations et les feux (de brousse et incendies). Heureusement, nous n’avons pas de feux de forêt majeurs, car nos zones boisées sont bien arrosées. Cependant, nous devons rester vigilants face à d’autres menaces, même si elles sont rares, comme les tremblements de terre ».

Il n’a pas manqué d’insister sur la nécessité d’intégrer d’autres types de risques à leur stratégie. « Il faut également penser à d’autres catastrophes comme les maladies et les épidémies, à l’image de la Covid-19. De plus, nous sommes exposés à de nombreuses catastrophes d’ordre technologique (explosions), ou des accidents majeurs de la circulation (comme ceux survenus à Dassa-Zoumè ou Thio) qui provoquent de nombreux décès. Toutes ces situations constituent des catastrophes auxquelles nous faisons face régulièrement ».

Le Rôle Crucial de la Prévention

« La première chose, c’est la prévention. C’est le leitmotiv de l’Agence Béninoise de Protection Civile », a-t-il affirmé. Il a expliqué que la prévention est souvent le maillon faible en termes de visibilité, mais qu’elle est fondamentale. « Quand nous menons des études avant la construction de bâtiments, quand nous visitons des établissements recevant du public pour vérifier le nombre et l’orientation des sorties de secours, la localisation et le type d’extincteurs, ou l’installation de systèmes d’alarme, tout ceci est de la prévention ».

Il a ajouté que la prévision, c’est la mise en place de centres de secours à proximité des zones à risques afin de réduire les délais d’intervention. Tout cela ne se voit pas toujours, mais c’est l’essentiel de notre travail. « Évidemment, nous intervenons quand la catastrophe survient, avec les moyens à disposition. Lorsque ceux-ci font défaut, nous procédons par réquisition, comme ce fut le cas lors du drame de Thio, où l’opération de récupération des corps a nécessité la réquisition d’engins lourds et a duré près de cinq jours ».

Pourquoi une Célébration en Différé ?

Interrogé sur le report de la Journée Mondiale de l’Aide Humanitaire (normalement le 19 août), le Contrôleur général a indiqué que cet état de chose s’explique par le fait que la majorité des humanitaires actifs au Bénin étaient en vacances en août. Il n’était pas concevable de célébrer des acteurs en leur absence. « Nous avons donc choisi une date en novembre où l’ensemble des humanitaires, des autorités et des coordinations étaient disponibles pour célébrer cette journée dans les meilleures conditions ».

La Réforme de la Protection Civile

Concernant le panel auquel il a participé, le thème abordé était la réforme de la protection civile au Bénin. « On ne réforme que ce qui doit être amélioré. Lorsque le gouvernement constate un dysfonctionnement, il procède à une réforme afin d’impulser une nouvelle dynamique », a-t-il expliqué.

Cette réforme, qui fait suite au tragique incident de Dassa-Zoumè, a consisté à fusionner l’ex-Agence Nationale de Protection Civile (ANPC) et l’ex-Groupement National des Sapeurs-Pompiers (GNSP) pour en faire une seule entité. « Il s’agit désormais de doter cette nouvelle entité des moyens nécessaires et d’une stratégie solide, celle sur laquelle nous travaillons actuellement, pour orienter nos actions et garantir la sécurité optimale de nos populations ».

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