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Cotonou,
Bénin

Cotonou Bénin.

Par Cédrique Kouami KOUDOKPON

Une semaine à peine après son investiture, le président Romuald Wadagni est en tournée dans la sous-région ouest-africaine. Nigeria, Niger, Burkina Faso, Togo : le nouveau chef de l’État béninois a choisi de consacrer ses premières visites officielles à ses voisins immédiats. Beaucoup ont voulu réduire ce geste à une démarche opportuniste à l’endroit des pays de l’Alliance des États du Sahel. C’est passer à côté de l’essentiel. Car avant d’être une manœuvre géopolitique, cette tournée est d’abord une leçon de sagesse diplomatique : on ne bâtit pas une maison solide sans d’abord soigner ses fondations. Et les fondations du Bénin, ce sont précisément ces nations avec lesquelles il partage frontières, histoire et destins entrelacés.

Il est vrai que les relations avec certains de ces voisins portent encore les cicatrices du passé récent. Depuis juillet 2023 et la crise diplomatique qui avait opposé le Bénin au Niger, aucun chef d’État béninois n’avait foulé le sol nigérien. Sous le régime précédent, les relations entre le Bénin et le Togo n’avaient pas non plus toujours été des plus sereines. Mais justement, c’est là que réside la grandeur du geste présidentiel : il ne s’agit pas d’aller vers ses voisins parce qu’ils partagent les mêmes convictions politiques, mais parce qu’on partage avec eux la même réalité géographique, les mêmes corridors commerciaux, les mêmes menaces sécuritaires. Un voisin difficile reste un voisin. Et l’on ne choisit pas ses voisins, on apprend à vivre avec eux, ou l’on s’expose à vivre contre eux.

C’est cette philosophie du bon voisinage qui doit guider la politique étrangère du Bénin. La tournée du président Wadagni s’inscrit dans une dynamique de rapprochement entre les États de la région, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants et par la nécessité de renforcer les mécanismes de coopération économique. Lutter contre le terrorisme qui frappe aux portes du nord du pays, relancer les flux commerciaux par le port de Cotonou, garantir la libre circulation des personnes : aucun de ces chantiers ne peut avancer dans l’isolement ou dans la méfiance mutuelle. Le Bénin a tout à gagner à faire de la diplomatie de proximité son premier atout. Car celui qui sait vivre en paix avec ses voisins a déjà remporté la moitié de ses batailles.

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