Après une immersion de quatre jours au cœur du système électoral béninois dans le cadre de l’élection présidentielle d’avril prochain, la mission d’évaluation pré-électorale du “National Democratic Institute” (NDI) a livré ses conclusions. À travers une rencontre tenue vendredi 20 février 2026 à Cotonou, les experts internationaux ont fait le point de leur mission aux médias.
Co-dirigée par deux anciens chefs d’État, Jorge Carlos Fonseca (Cap-Vert) et Cathérine Samba-Panza (Centrafrique), la mission d’évaluation préélectorale du NDI a passé au scanner les institutions clés du Bénin à savoir la CENA, Cour Constitutionnelle, HAAC et partis politiques.
Le rapport commence par une note positive. Sur le plan technique, le Bénin tient la cadence. Dr Christopher Fomunyoh, directeur régional pour l’Afrique au NDI, a salué le déploiement anticipé du matériel électoral dans plusieurs régions, capitalisant sur l’expérience des législatives passées. La CENA semble avoir pris les devants pour assurer l’opérationnalité des bureaux de vote et l’accréditation des observateurs.
Malgré les efforts de modernisation, le constat des experts est nuancé. Le NDI pointe du doigt trois zones d’ombre majeures qui pourraient ternir le scrutin du 12 avril. Il s’agit de :
- La polarisation politique : un fossé qui continue de se creuser entre les acteurs.
- L’insécurité juridique : des interprétations contradictoires des textes qui sèment le doute.
- La méfiance citoyenne : un besoin urgent de “revigorer” la confiance des électeurs envers leurs institutions.
Des recommandations du NDI
Pour garantir un scrutin apaisé, la mission propose une thérapie de choc articulée en deux temps.
À court terme, le NDI appelle les autorités à une ouverture immédiate de l’espace civique. Cela passe par un accès transparent à l’information électorale et, surtout, un engagement ferme en faveur de la non-violence. L’objectif étant de permettre à chaque citoyen de s’exprimer sans crainte.
À long terme (après 2026), les experts recommandent une refonte en profondeur pour éviter que les crises ne se répètent :
- Harmonisation juridique : aligner la Constitution et le code électoral pour supprimer les contradictions, notamment sur le rôle des juridictions spéciales.
- Élargissement du choix : réformer le système pour permettre une plus grande diversité de candidatures.
- Consensus National : engager un dialogue pour définir une vision commune de l’avenir démocratique du Bénin.