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Cotonou Bénin.

Le Sommet international de l’espace s’est achevé le jeudi 10 septembre 2026, à Paris. À cette occasion, le président de la République du Congo, Denis Sassou-N’Guesso, a plaidé pour une meilleure coordination des politiques spatiales africaines et pour le développement de capacités propres à l’échelle du continent.

L’Afrique a pris part à ce sommet avec plusieurs délégations, témoignant de l’intérêt stratégique croissant que le continent accorde au secteur spatial. Face à la multiplication des domaines d’application des technologies orbitales, les États africains entendent désormais participer pleinement aux débats sur l’avenir de l’espace et sur sa gouvernance.

Pour Denis Sassou-N’Guesso, la coopération et l’intégration africaines doivent constituer les fondements de la politique spatiale du continent. Dans un secteur marqué par une forte compétition technologique et financière, les pays africains ont intérêt à coordonner leurs efforts plutôt qu’à développer des stratégies isolées.

« Nous misons sur la coopération et l’intégration africaines en matière de politique spatiale. Nous devons, dans ce secteur compétitif, éviter de construire 54 politiques spatiales isolées lorsque nous pouvons mutualiser certaines infrastructures, certaines données, certaines compétences et certains investissements. L’espace peut donc répondre à certaines des grandes urgences et priorités africaines, notamment celles de la sécurité alimentaire et de la protection de notre environnement », a déclaré le président congolais.

Des politiques spatiales coordonnées

Cette approche doit permettre aux États africains de mieux répondre à plusieurs priorités, notamment la sécurité alimentaire, la surveillance environnementale, la gestion des ressources naturelles et l’aménagement du territoire.

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Les données satellitaires peuvent également contribuer à améliorer les prévisions météorologiques, à anticiper les catastrophes naturelles et à renforcer la lutte contre les effets du changement climatique. Elles constituent, à ce titre, un outil important d’aide à la décision pour les pouvoirs publics et les acteurs du développement.

La mutualisation des infrastructures, des compétences et des investissements pourrait par ailleurs favoriser l’émergence d’une véritable filière spatiale africaine, capable de répondre aux besoins spécifiques du continent tout en renforçant son autonomie technologique.

Les technologies spatiales au service de la paix

Le chef de l’État congolais a également présenté l’espace comme un outil potentiel de prévention des conflits et de consolidation de la paix.
En améliorant la connaissance des territoires, les technologies spatiales peuvent, selon lui, faciliter la prévention des incidents, renforcer la surveillance des frontières et contribuer au règlement pacifique des différends.

Le Congo, qui partage plus de 5 500 kilomètres de frontières avec ses pays voisins, se montre particulièrement attentif à cette question, a souligné Denis Sassou-N’Guesso. Une meilleure observation des territoires pourrait contribuer à prévenir les tensions, à améliorer la gestion des frontières et à renforcer la coopération entre les États.
Brazzaville appelle ainsi à faire de l’outil spatial un instrument de prévention et de règlement pacifique des différends, dans le respect du droit international, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États.

Pour une souveraineté technologique africaine

Pour Denis Sassou-N’Guesso, la dépendance totale à l’égard de technologies étrangères constitue une vulnérabilité pour le continent. Une Afrique qui dépend entièrement d’autres puissances pour observer son territoire, communiquer, gérer ses données ou anticiper les crises ne peut disposer d’une pleine autonomie stratégique, a-t-il souligné.

La construction d’une souveraineté technologique africaine doit donc passer par le développement de capacités nationales et continentales, la formation de ressources humaines qualifiées, le soutien à la recherche et la création d’infrastructures adaptées.

Évoquant le partenariat entre la République du Congo et la République du Kazakhstan dans le domaine spatial, le président congolais l’a présenté comme une initiative ambitieuse destinée à renforcer les compétences nationales et à ouvrir de nouvelles perspectives dans un secteur appelé à jouer un rôle croissant dans le développement économique et stratégique des États.

L’Afrique veut devenir un acteur de l’économie spatiale

L’Afrique ne veut plus se contenter de recevoir ou de consommer des technologies produites ailleurs. Le continent entend désormais contribuer à la recherche, produire ses propres solutions, développer ses infrastructures, innover et participer à la définition des règles encadrant les activités spatiales.

L’ambition exprimée par Denis Sassou-N’Guesso repose sur une coopération renforcée entre les États africains, une meilleure coordination au sein de l’Union africaine et une mobilisation accrue des partenaires internationaux autour de projets structurants.

En conclusion de son intervention, le président congolais a appelé les dirigeants et les décideurs africains à porter cette vision avec détermination.
« L’avenir de l’Afrique ne se construit pas seulement sur Terre, il se construit aussi depuis l’espace », a-t-il affirmé.

Le Sommet de Paris a, ainsi, permis de faire entendre la voix de l’Afrique et d’exprimer la volonté du continent de devenir un acteur à part entière de l’économie spatiale mondiale.

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