Contact

Cotonou,
Bénin

Cotonou Bénin.

Le Centre togolais des expositions et foires de Lomé (CETEF) a servi de cadre pour l’organisation de la 7e foire Made in Togo du 3 au 12 juillet 2026. Au cœur de cette édition, axée sur la transformation locale comme moteur économique, un panel de haut niveau a réuni mercredi 8 juillet des experts en développement national. Il s’agit de Kossi Sambigou Nanika, Spécialiste en compétitivité et accès aux marchés des TPME/TPMI, et Commi Nassini, directeur général adjoint de l’Agence d’éducation et de développement (AED). Ensemble, ils ont brisé le tabou du paradoxe du chômage des jeunes face aux entreprises qui peinent à recruter.

Pour Commi Nassini, la mauvaise qualité des produits ou les faillites précoces ne sont pas une fatalité, mais le résultat d’un calcul à courte vue : le refus de recruter de la main-d’œuvre qualifiée.

« Les jeunes entrepreneurs quand ils commencent, ils pensent que s’ils font recours à des techniciens, ils vont perdre de l’argent. Ils commencent donc à bricoler, pensant s’en sortir. Or en bricolant, on perd davantage et on disparaît. Je pense donc que le problème à ce niveau serait vraiment de bien élaborer les plans d’affaires, les business plans et savoir qu’il y a des volets à prendre nécessairement en compte dont le recrutement des techniciens qui valent la peine d’être recrutés même si c’est cher. C’est quelque fois ces techniciens qui vont permettre à l’entreprise de grandir beaucoup plus rapidement même que prévu », a-t-il analysé.

À lire aussi : Convention et exposition du transport aérien 2026 au Togo : Kossi S. Nanika prône la compétitivité pour l’aviation et la cohésion face aux crises

Le directeur adjoint de l’AED dénonce également le syndrome du « nul n’est prophète chez soi », regrettant que des industriels togolais importent à grands frais des techniciens étrangers moins qualifiés que les talents locaux. Pourtant, les Instituts de formation en alternance pour le développement (IFAD) façonnent depuis 2017 des profils d’une rigueur irréprochable. « Nos techniciens font la fierté du Togo au Gabon, en Côte d’Ivoire ou encore dans le Sahel. Il est temps que nos entrepreneurs nationaux leur fassent confiance pour leur permettre d’engranger de l’expérience », a fait savoir Commi Nassini.

L’union sacrée et l’agressivité commerciale pour conquérir l’Afrique

Si la compétence technique est le moteur, le collectif est le carburant. Kossi Sambigou Nanika a exhorté les exposants à sortir de l’isolement pour survivre face à la concurrence internationale.

« Une richesse partagée, c’est d’abord un savoir-faire partagé. Les entrepreneurs doivent comprendre qu’il faut se mettre ensemble pour apprendre, produire et commercialiser », a préconisé le spécialiste en compétitivité et accès aux marchés des TPME/TPMI.

Selon ce dernier, en se structurant en groupements et en coopératives, les petites entreprises locales changent d’échelle. Cette mutualisation des énergies leur permet non seulement de postuler aux financements publics et institutionnels existants, mais aussi d’optimiser leurs volumes pour attaquer le marché mondial.

À l’ère de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), le panel a rappelé que le Made in Togo doit apprendre à se vendre. À cet effet, les deux experts ont invité les producteurs à faire preuve d’une « agressivité positive » en matière de communication. Dans un marché inondé par les publicités des autres continents, l’Afrique doit concevoir, standardiser, et surtout faire résonner la voix de l’Afrique.

Share:

administrator

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *