L’Ordre National des Pharmaciens du Bénin (ONPB) a tenu son Assemblée Générale Ordinaire jeudi 21 mai 2026 à Cotonou. Cette activité a permis de réaffirmer le rôle crucial de l’institution dans la sécurité sanitaire, elle a surtout été l’occasion pour le doyen des pharmaciens, Dr Joseph Amoussou, titulaire de la pharmacie Jérico à Aïdjèdo et figure emblématique de la profession, d’attirer l’attention aussi bien de l’Ordre que de l’État sur un certain nombre de choses.
Ancien président de l’Ordre National des Pharmaciens du Bénin (ONPB) pendant 14 ans, le Dr Joseph Amoussou a d’abord salué le « don de soi » et le dévouement de l’équipe actuelle, rappelant la complexité de réguler un secteur aussi sensible où la discipline et les inspections régulières garantissent la vie des patients.
Le cœur de son intervention a porté sur une aberration économique qui menace directement la survie des officines.
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« Nous sommes bloqués sur la même structure de prix des médicaments depuis 1994 ! Comparez le prix de l’essence de 1994 à celui d’aujourd’hui. Nos charges explosent mais nos tarifs restent intacts », a-t-il laissé entendre.
Pour le Dr Joseph Amoussou, si l’État ne réajuste pas urgemment ces marges, le Bénin court droit vers une pénurie de médicaments. Cette précarité financière met en danger la nouvelle génération de pharmaciens, de plus en plus nombreux à s’installer jusqu’en milieu rural pour assurer un service public de proximité.
Stop au copier-coller des réformes occidentales
Le Dr Amoussou a également jeté un pavé dans la mare concernant les récentes vagues de régulations imposées au secteur, les jugeant déconnectées des réalités béninoises.
Selon lui, le Bénin calque trop souvent des modèles européens conçus pour des nations au niveau de développement supérieur. Le doyen plaide pour une pause stratégique. À l’en croire, il faut adapter le rythme des réformes au contexte local plutôt que d’imposer des transitions brutales, afin de protéger à la fois la viabilité des officines et le pouvoir d’achat des malades.