Le gouvernement de transition burkinabè vient de poser un acte fort dans sa stratégie de refondation nationale. À l’issue du Conseil des ministres du jeudi 25 juin 2026, un décret historique portant refonte du régime des bourses d’études a été adopté. Portée par le ministre chargé de l’Enseignement supérieur, Adjima Thiombiano, cette relecture profonde du texte de 2021 introduit un double séisme. Il s’agit de la fin du critère social pour l’accès aux bourses locales et la mise sous tutelle étatique de tout départ d’étudiant vers l’étranger.
C’est la mesure qui fait couler beaucoup d’encre actuellement au Burkina Faso. Désormais, franchir les frontières pour étudier n’est plus un choix purement individuel. Qu’ils soient boursiers de l’État ou qu’ils financent leur cursus sur fonds propres, tous les étudiants burkinabè devront obtenir une autorisation préalable du ministère de tutelle avant de plier bagage.
L’objectif affiché par le ministre Adjima Thiombiano est à la fois idéologique et pragmatique. Il s’agit d’aligner rigoureusement les compétences acquises à l’international sur la vision et les besoins de l’État.
Selon le ministre, il est important que l’État assure un suivi des contenus de formations pour éviter les cas sociaux au retour et planifier méthodiquement l’insertion professionnelle de la jeunesse.
En clair, le régime de Ouagadougou veut en finir avec la fuite des cerveaux vers des filières saturées ou en déphasage avec les besoins de développement du pays.
Révolution des bourses : cap sur le mérite pur et le FOSER
En interne, le système d’aide sociale est totalement repensé. Le gouvernement a acté la suppression définitive du critère lié aux revenus des parents pour l’attribution des bourses. Un choix audacieux qui place le mérite académique et l’excellence au centre des priorités, neutralisant les risques de fraudes sur les déclarations de revenus.
Pour ne pas abandonner les plus vulnérables, le gouvernement opère un glissement stratégique. En effet, le capitaine Ibrahim Traoré et ses collaborateurs ont décidé de transférer désormais les dossiers d’aides financières directes au Fonds de soutien à l’éducation et à la recherche (FOSER Bãngr baoobo). Une décentralisation des ressources qui promet une gestion plus agile et ciblée de l’accompagnement social, pendant que le budget des bourses reste l’apanage de l’excellence républicaine.