Cotonou accueille depuis jeudi 25 juin 2026, la toute première édition du Salon-Expo Avicole du Bénin (SAB). Placé sous le thème central de “l’Aviculture face à la souveraineté alimentaire des pays”, cet événement historique marque une volonté farouche de rompre avec la dépendance aux importations de volailles et d’œufs en Afrique.
Durant trois jours, la capitale économique du Bénin sera le carrefour de l’aviculture Ouest-africaine. Selon le Commissaire Général du Salon-Expo Avicole du Bénin (SAB), Blaise Sèton, cette première édition concrétise une ambition de longue date, initialement soutenue par l’ancien ministre Gaston Cossi Dossouhoui. Loin d’être une simple foire commerciale, Blaise Sèton conçoit cet événement comme un espace de rupture et de transmission.
« Ce salon est un cadre de formation, de mise en réseau et de réflexion prospective. Nous voulons en faire une plateforme de référence pour transférer les technologies et inspirer la forte délégation de jeunes et d’étudiants agricoles présente à cette cérémonie », a-t-il laissé entendre.
Malgré une hausse notable de la production locale portée par l’Interprofession de l’Aviculture du Bénin (IAB), le ministre chargé de l’Élevage Adin Yéton Bloukounon Goubalan, a dressé un diagnostic sans complaisance des freins structurels : coûts élevés de l’alimentation animale, accès limité aux financements et faiblesses en biosécurité.
Pour bâtir une véritable « industrie avicole résiliente », le gouvernement béninois appelle à une transformation radicale de l’amont agricole. Le principal défi consistera à multiplier par quatre la production nationale de maïs (qui stagne actuellement à 1,8 million de tonnes) et à booster celle de soja afin de sécuriser durablement la fabrication des intrants locaux. L’aviculture s’impose désormais comme le levier prioritaire pour créer des emplois décents pour les femmes et les jeunes.
À noter que l’événement a été officiellement ouvert par le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yéton Bloukounon Goubalan. Témoignant de l’importance de la coopération Sud-Sud, le ministre chargé de l’Agriculture du royaume du Maroc, Ahmed El Bouari, ainsi qu’une forte délégation de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole du Maroc (FISA) ont fait le déplacement.